Rosée pour mouche grise  (Photos) posté le samedi 19 mai 2012 11:08

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Et pourquoi la mouche n'aurait-elle pas sa lampée d'eau pure?

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Fraîcheur et simplicité  (Photos) posté le jeudi 17 mai 2012 11:28

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Une des fleurs que je préfère.  Elle se laisse effeuiller par les amoureux, brouter par les troupeaux, exterminer par les herbicides, décapiter par les tondeuses. Et pourtant, fidèle, elle renaît chaque année, surtout au bord des routes, pour nous saluer sans rancune.

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Un bon repas pour lézards au soleil  (Photos) posté le mercredi 16 mai 2012 10:12

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Bon Appétit, Les-Arts-au-Soleil !

Insecte inconnu, mais bien joli, qui vole comme une abeille.

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Visite d'une exposition (décrochage demain) d'Yves Coladon  posté le mardi 15 mai 2012 17:47

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Vraiment de la belle aquarelle, des encres, du dessin, et de la gravure.

Si ce monsieur, fils de Jean Coladon, lui-même artiste peintre reconnu, expose près de chez vous, allez-y !

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Le xylocope  (Ecritures) posté le lundi 14 mai 2012 13:50

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Le xylocope

 

 

 

Sa basse excessive a éclaté soudain dans la salle, investissant entièrement les tympans qui s’y trouvaient.

 

Excessive la corpulence du baryton, malgré sa taille de guêpe.

 

Excessive la suie de son habit et le vitrail de ses quatre ailes s’irisant selon l’accroche des lumières.

 

Excessif le velu viril du dos et du poitrail bombé de ce solitaire.

 

L’écho a paniqué le profane qui fuit en murmurant énorme, monstre, Satan, jamais vu.

 

Je n’ai pas peur, je l’ai reconnu, il vient chaque jour pour sa visite immobilière de quatorze heures.

 

Il rentre par le haut de la porte vitrée, et sur le seuil, jauge longuement d’un regard circulaire l’ensemble des lieux. De beaux volumes. Du bois, beaucoup, des poutres, des anfractuosités de vieille maison. Pas mal du tout. Il a déjà oublié son expertise d’hier qui l’amenait aux mêmes conclusions.

 

Il s’élance.

 

Etrangement, il commence toujours par l’écran de mon ordinateur. Ça le fascine, cette lueur surnaturelle, et il opte pour une position géostationnaire à dix centimètres de mon nez. J’évite de trop bouger, j’arrête ma frappe, il n’est pas agressif mais je n’ai pas envie de tester son ébauche de dard.

 

Bof… les nouvelles étant toujours les mêmes sur cette surface lisse et hermétique, trop polie pour être honnête, il va voir ailleurs.

 

À gauche toutes.

 

Sur l’étagère de la cheminée, en hêtre, trône un petit éléphant en bois de santal. Le parfum plaît bien, et une halte silencieuse permet de faire à pieds et en détail le tour d’un sujet dur à se casser la mâchoire. Pas possible d’envisager le percement d’une quelconque galerie. Il y a bien le palanquin joliment ouvragé, trop, c’est de la vraie dentelle sur trois côtés et la pudeur des nymphes à venir en pâtirait.

 

Adossé à un montant, un fou du roi assis en tailleur offre des genoux crevassés en chêne bien tentant. Oui mais ils sont vernis, ces genoux. Mâcher ça ? Des jours et des jours à avoir l’haleine synthétique.

 

Les poutres noires là-haut sont aussi généreusement fendues. Du vieux bois au coeur tendre. L’insecte plein d’espoir consciencieux scrute millimètre par millimètre, espère le poinçon qu’une vrillette ambitieuse aurait amorcé, revient en arrière, repart, sans se poser une seconde.

 

Mais le voici qui bifurque brutalement et fonce au plafond vers la tache sombre d’une loge possible… hélas en trompe l’œil. Dépité, il va passer en revue un par un tous les nœuds, et, bredouillant son amertume grave, revient à l’éléphant, sait-on jamais.

 

Puis recommence patiemment deux ou trois fois l’itinéraire depuis le début.

 

Rien à faire. Tout est trop résistant. C’était pourtant bien ici, à l’abri des pluies et des vents. L’an dernier, il avait dû mâchonner jusqu’à la crampe la guimauve molle de l’intérieur d’un sureau, habitat précaire qui s’était brisé au premier autan.

 

Tant pis ; il reviendra demain, peut-être qu’il a mal cherché.

 

Comme chaque jour avant de partir, il ruminera sa contrariété durant quelques minutes en se cachant dans les pétales secs d’un bouquet de roses en soie artificielle. Le silence éclatera alors.

 

Je sais qu’ensuite, reprenant confiance, il fera un détour par ma chambre. Mais je n’ai pas envie d’être bercée au milieu de la nuit par son vrombissement insistant. Bien sûr, quand j’arriverai pour l’évacuer, il sera introuvable.

 

Patience… Il ne résistera pas longtemps à l’appel de la vitre contre laquelle il s’écrasera bruyamment, violemment, sans retenue, avec l’absurde obstination farouche d’un taureau ailé, même quand j’aurai ouvert un battant pour lui. Ma main s’avancera derrière le bouclier moelleux d’un d’essuie-tout épais, et elle le guidera vers la sortie

 Le xylocope de cette photo est mort. J'ai ressorti ce texte paru dans "le vol de l'escargot" que j'ai publié chez Manuscrit.

 

 

 

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